Merci de ….

N’avez-vous pas déjà lu, au détour d’un courriel, l’expression « Merci de bien vouloir faire ceci ou cela … » ?
C’est agaçant, n’est-ce pas ? Avez-vous trouvé cela normal ou avez-vous eu l’impression d’être pris(e) pour une marionnette ?

Dans le premier cas, mon propos vous paraîtra peut-être excessif, mais lisez-le quand même ! Dans le dernier cas, vous avez bien raison, j’ai le même ressenti à chaque fois que je lis cette expression.

Et que répondre à une telle injonction ? Je dirai tout simplement … « Non » !

Pourquoi ?

Pour la simple raison que sous couvert d’être aimable et d’utiliser une formule de politesse, cette manière de demander de réaliser une action est tout sauf polie et cohérente avec une relation de travail équilibrée .

A votre avis, d’où peut venir cette affreuse manière de demander les choses ?

Certainement de la simplification des échanges apportés par le « tout courriel », maladie courante des entreprises contemporaines où tout se traite par un courriel et non un échange réel.
La première dégradation consistait à glisser un « Merci d’avance » suite à une demande polie contenant une formule type « s’il vous plaît/s’il te plaît », puis finalement pourquoi s’embêter à demander gentiment, autant transformer le « Merci » en injonction et enlever le « s’il vous plaît/s’il te plaît ».

Or, ces mots « s’il vous plaît/s’il te plaît » (que l’on tente d’apprendre aux enfants, comme c’est étrange) contiennent le cœur de l’équilibre d’une relation, puisqu’ils laissent le choix au récepteur de la demande de faire ou de ne pas faire, et d’en discuter.
Et dans les cours de philosophie de Terminale, il me semble que le choix était au cœur d’un sujet longuement débattu en classe de philosophie mais aussi partout dans le monde : la liberté !

Ensuite, je ne me rappelle pas avoir entendu cette expression dans le langage parlé; elle reste donc l’apanage de l’écrit et en particulier du courriel, support aussi chaleureux qu’efficace pour discuter avec ses collègues. Dans les nombreux courriels de prises de contact que j’ai reçus, cette formule n’apparaît jamais, preuve que pour construire une relation il est de plus élégantes expressions.

Enfin, en tant que coach agile, je considère cette expression en contradiction avec une des valeurs de l’Agile que je défends : « Individus et interactions ». Elle instaure une distanciation et une hiérarchie très déplaisante et n’incite pas à la collaboration.

Alors, s’il vous plaît, pour demander à un collègue de vous aider, n’utilisez plus cette expression et préférez un coup de fil, un échange autour d’un café ou quelque tournure élégante et poétique dans un courriel !

L’image d’illustration est de Dooder / Freepik

Praesent commodo Aenean id, eleifend diam