Le brin d’ADN

Voici un petit exercice pour démarrer un atelier : le Brin d’ADN. Non, ce n’est pas un brise-glace, il n’y a rien à casser.

Il a été essayé pour la première fois début juin par une équipe d’une dizaine de personnes de la Software République, ce qui m’a permis de l’ajuster.

Nous l’utilisons en ce moment avec mon collègue Olivier à grande échelle pour une série de 50 ateliers dans notre direction. Les 10 premières sessions avec des équipes de 10 à 15 personnes ont démontré que ca fonctionnait !

Enfin, grâce à une rencontre de facilitateurs chez Formapart le 15 juin dernier, nous avons pu l’essayer avec une trentaine de personnes, pour voir ce que ca donne avec un grand groupe !

Comment ca marche ?

Il vous faut préparer des petites cartes (format A7, type carte de visite) sur lesquelles vous écrivez un morceau de la chanson « J’suis pas bien portant » de Gaston Ouvrard en « cassant les rimes ».

Première carte :
« J´ai le foie »

Deuxième carte :
« Qu´est pas droit
 J´ai le ventre »

Troisième carte :
« Qui se rentre
J´ai l´pylore »

etc… en utilisant toute la chanson si vous voulez !

Voici 4 planches A4 à imprimer pour avoir 32 cartes (sur du carton de couleur, c’est plus agréable !)

Evitez de commencer par « J’ai la rate… », cette rime est trop connue et indique plus rapidement quelle est la chanson.

Fabriquez autant de cartes que vous voulez en veillant à bien respecter un enchainement des rimes entre les cartes. A priori, avec une trentaine de personnes, ca commence à devenir un peu infernal, donc je recommande de ne pas dépasser ce nombre de participants (maximum 35 pour que ca reste faisable en un temps assez court).

Une fois que vous avez vos cartes, prélevez le nombre nécessaire selon les participants en gardant l’ordre de la chanson, puis mélangez-les avant de les distribuer, une par personne.

Le discours que vous pouvez avoir : « J’avais préparé un exercice, mais les cartes se sont mélangées dans mon sac, est-ce que vous pouvez les remettre dans l’ordre ? » ou en version moins claire : « j’ai trouvé ces cartes dans mon grenier, elles semblent avoir un sens, mais je ne sais pas lequel, vous pouvez m’aider ? » ou autre instruction encore plus absconse.

Il y a deux règles à bien faire appliquer : chacun doit garder sa carte et il est interdit d’utiliser son smartphone. Tout le reste est autorisé .

Et qu’est-ce qui s’passe alors ?

Une fois lancés, les participants peuvent s’organiser comme ils veulent. A priori, soit ils discutent tous ensemble (quand ils sont moins de 10), soit ils se scindent en petits groupes, pour finir par se rassemblent assez rapidement mais seulement dans le cas où ils sont moins d’une quinzaine !

En revanche, au-delà d’une vingtaine de participants, on observe une difficulté pour reformer toute la chanson. Dans un premier temps, tout le monde essaye de parler et trouver le sens des paroles. Certains ont compris et tentent de se faire entendre, ce qui n’est pas facile. D’autres forment des petits groupes pour essayer de comprendre à petit échelle ce qu’il y a sur les cartes. Après une période de chaos initial, ces petits groupes réussissent à créer un « brin » à 5 ou 6 et essayent ensuite de trouver avec qui se raccrocher.

La difficulté pour assembler ces brins est qu’il y a encore des « trous » dans la logique des cartes car certains sont un peu perdus et errent de groupe en groupe en essayant de trouver leur place. Par ailleurs, les groupes qui forment un « brin » essayent de se connecter aux autres en restant alignés, ce qui n’est pas simple car il faut déplacer plusieurs personnes de concert ! Et tout le monde n’est pas nécessairement très discipliné.

Bref, ca finit par fonctionner plus ou moins rapidement selon le nombre : quelques minutes en dessous de 15 personnes, et jusqu’à une vingtaine de minutes pour un groupe de 30.

Au-delà de l’aspect ludique et collectif, on peut constater qu’il est assez facile de s’auto-organiser à une douzaine, mais que ca devient plus difficile à 30 (ce n’est pas nouveau mais c’est l’occasion de le mettre en valeur !). En effet, dans ce cas, de petits groupes se forment assez facilement, mais la coordination de ces petits groupes est délicate : soit tout le monde veut coordonner, soit personne ne veut le faire. Trouver le bon rythme de travail en groupe et un moment pour se synchroniser entre groupes relève du défi alpin !

Evidemment, ca finit toujours par fonctionner, mais il y a plusieurs périodes de chaos qui feront facilement dire à certains : « c’est le bazar, c’est trop long, il faut un manager ou un responsable pour organiser ca … ».

Erreur fatale !
Je ne l’ai pas essayé sur cet exercice, mais vous pouvez utiliser le jeu du « noeud humain » pour le faire constater : avec un organisateur nommé qui est le seul à décider de qui fait quoi, on va moins vite et ca déresponsabilise tout le monde. Certes, il n’y a pas visiblement de chaos, mais il y a peu d’engagement et d’apprentissage de la collaboration ! Et on arrive moins vite au résultat.

Voilà ! A bientôt pour de nouvelles aventures…

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